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Le Digital Services Act (DSA) Expliqué : Comment La Législation De l'UE Protège Désormais Vos Droits Sur Instagram, TikTok Et X

Discover how the EU's new Digital Services Act (DSA) is rewriting the rules of the internet. Learn what this landmark legislation means for your daily online rights, how it forces platform transparency, and the ways it holds tech giants accountable for algorithms, targeted ads, and digital safety.

Tamari Tabatadze ·23 Jul 2026·4 min de lecture
Points clés
1. You now have enforceable rights against platforms. The DSA mandates easy reporting of illegal content, clear explanations for removals, and independent appeal mechanisms — transforming users from powerless consumers into rights-holding participants. 2. Algorithmic control is in your hands. Very Large Online Platforms (VLOPs) and Search Engines (VLOSEs) must allow you to opt out of profiling-based recommender systems, ending the era of opaque, engagement-maximizing feeds. 3. Enforcement is real and costly. With fines of up to 6% of global annual turnover, the European Commission has already issued its first non-compliance decision (€120 million against X in December 2025), signaling that this is not a paper tiger.

Le règlement sur les services numériques, ou Digital Services Act (DSA), officiellement le règlement (UE) 2022/2065, est un règlement horizontal majeur qui établit un cadre juridique uniforme pour tous les services intermédiaires opérant dans l’Union européenne. Le Parlement européen et le Conseil l’ont adopté le 19 octobre 2022. Il a été publié au Journal officiel de l’Union européenne (JO L 277 du 27.10.2022), est entré en vigueur le 16 novembre 2022 et est devenu pleinement applicable à toutes les entités réglementées le 17 février 2024.

𝐋𝐀 𝐋𝐎𝐈 𝐄𝐗𝐏𝐋𝐈𝐐𝐔É𝐄 : 𝐐𝐔’𝐄𝐒𝐓-𝐂𝐄 𝐐𝐔𝐄 𝐋𝐄 𝐃𝐒𝐀, 𝐀𝐔 𝐉𝐔𝐒𝐓𝐄 ?

Le Digital Services Act constitue le nouveau règlement européen pour tout ce qui se passe en ligne. Les anciennes règles de l’UE dataient de 2000. Elles avaient été rédigées à une époque où les sites internet ressemblaient surtout à de simples tableaux d’affichage. Aujourd’hui, des plateformes comme Instagram, TikTok, Amazon et Google fonctionnent comme d’immenses villes, et non comme des tableaux d’affichage. Le DSA adapte les règles à cette réalité.

La loi repose sur un principe simple : plus votre service est grand, plus vos responsabilités sont importantes.

  • Si vous exploitez un service en ligne dans l’UE, qu’il s’agisse d’un petit hébergeur de blogs, d’une entreprise de stockage en ligne ou d’un fournisseur d’accès à internet, vous devez disposer d’un point de contact juridique dans l’UE et expliquer de manière transparente votre fonctionnement.
  • Si vous exploitez une plateforme sur laquelle les utilisateurs publient du contenu, comme un réseau social, un site de vidéos ou une place de marché, vous devez leur permettre de signaler facilement les publications illégales, les escroqueries et les produits contrefaits. Vous devez aussi mettre en place un système interne de réclamation et publier régulièrement des rapports expliquant quels contenus vous retirez et pour quelles raisons.
  • Si vous exploitez une très grande plateforme en ligne, ou VLOP, ou un très grand moteur de recherche en ligne, ou VLOSE, et atteignez plus de 45 millions de personnes par mois dans l’UE, soit environ 10 pour cent de la population, vous êtes soumis aux règles les plus strictes. Vous devez évaluer les risques que votre service présente pour la société, faire l’objet d’audits indépendants annuels, expliquer le fonctionnement de vos algorithmes et partager des données avec des chercheurs agréés afin qu’ils puissent étudier votre impact.

Un élément essentiel doit être précisé. Le DSA ne rend pas automatiquement les plateformes responsables de tout ce que leurs utilisateurs publient. L’ancienne règle de 2000 continue de s’appliquer. Lorsqu’une personne met en ligne un contenu illégal, la plateforme n’en devient pas immédiatement responsable. Dès que ce contenu lui est signalé, elle doit agir. Si la conception ou les algorithmes de la plateforme créent des risques importants pour la société, elle doit les corriger.

𝐏𝐎𝐔𝐑𝐐𝐔𝐎𝐈 𝐋𝐀 𝐋𝐎𝐈 𝐀-𝐓-𝐄𝐋𝐋𝐄 É𝐓É 𝐀𝐃𝐎𝐏𝐓É𝐄 : 𝐐𝐔𝐄𝐋 𝐏𝐑𝐎𝐁𝐋È𝐌𝐄 𝐋𝐄 𝐃𝐒𝐀 𝐂𝐇𝐄𝐑𝐂𝐇𝐄-𝐓-𝐈𝐋 À 𝐑É𝐒𝐎𝐔𝐃𝐑𝐄 ?

En plus de vingt ans, les plateformes en ligne sont passées du rôle de simples intermédiaires à celui de principaux contrôleurs du débat public et du commerce numérique. Elles continuaient pourtant de respecter des règles rédigées à une époque où les connexions internet par modem étaient courantes.

La Commission européenne a identifié quatre crises liées entre elles.

  1. Les contenus et les produits illégaux se diffusaient trop rapidement

Les discours de haine, les escroqueries, les faux médicaments et les produits contrefaits envahissaient les places de marché et les espaces de commentaires. Les autorités nationales de régulation étaient débordées. Les plateformes ne disposaient d’aucune norme commune pour retirer ces contenus.

  1. Les algorithmes manipulaient les utilisateurs

Le modèle économique des plus grandes plateformes est simple : vous faire continuer à faire défiler le contenu. Les algorithmes mettent donc en avant ce qui provoque les réactions les plus fortes. Il s’agit souvent de contenus polarisants, addictifs ou choquants. Les enfants et les personnes vulnérables recevaient des contenus préjudiciables par l’intermédiaire de systèmes conçus pour exploiter leur attention.

  1. Les utilisateurs n’avaient aucun pouvoir

Si Instagram supprimait votre compte, YouTube retirait votre vidéo ou Amazon interdisait votre boutique, vous vous retrouviez souvent sans recours efficace. Vous receviez parfois un message générique indiquant que vous aviez enfreint les règles de la communauté. Vous n’obteniez aucune explication précise, aucune véritable possibilité de recours et aucun accès à une instance indépendante. Les plateformes détenaient tout le pouvoir.

  1. Les plus grandes plateformes fonctionnaient comme des places publiques, mais appliquaient des règles privées

Facebook, TikTok et X sont devenus l’équivalent moderne des places publiques. Des centaines de millions d’Européens y discutent de politique, consultent les actualités et gèrent leurs activités professionnelles. Ces plateformes fonctionnaient pourtant comme des clubs privés, avec des règles opaques, des algorithmes secrets et aucune obligation de rendre publiquement des comptes.

Le DSA a été adopté pour répondre à l’ensemble de ces problèmes. Son objectif consiste à créer un internet sur lequel vous connaissez les règles, pouvez contester un traitement injuste, obtenez le retrait rapide des contenus illégaux et ne pouvez pas être manipulé à votre insu par les plus grandes plateformes. Le marché numérique européen doit également rester ouvert à l’innovation.

𝐈𝐌𝐏𝐀𝐂𝐓 𝐂𝐎𝐍𝐂𝐑𝐄𝐓 𝐒𝐔𝐑 𝐋𝐀 𝐒𝐎𝐂𝐈É𝐓É

𝐏𝐎𝐔𝐑 𝐋𝐄𝐒 𝐂𝐈𝐓𝐎𝐘𝐄𝐍𝐒 𝐄𝐓 𝐋𝐄𝐒 𝐔𝐓𝐈𝐋𝐈𝐒𝐀𝐓𝐄𝐔𝐑𝐒 𝐐𝐔𝐎𝐓𝐈𝐃𝐈𝐄𝐍𝐒

  • Transparence de la modération des contenus, articles 16–17 et 20–21 : si votre contenu est supprimé ou limité, la plateforme doit vous fournir un exposé des motifs précisant la base juridique ou contractuelle de sa décision. Vous pouvez introduire un recours interne. Si la réponse ne vous satisfait pas, vous pouvez saisir un organisme de règlement extrajudiciaire des litiges. Cette procédure est plus rapide et moins coûteuse qu’une action en justice.
  • Choix algorithmique, article 27 : les très grandes plateformes et les très grands moteurs de recherche doivent proposer au moins un système de recommandation qui ne repose pas sur le profilage. Vous pouvez ainsi sortir de la boucle d’engagement et consulter les contenus dans l’ordre chronologique ou selon d’autres critères non personnalisés.
  • Transparence publicitaire, article 26 : chaque publicité doit être clairement identifiée. Les plateformes doivent tenir des registres publicitaires accessibles au public, indiquant le contenu de la publicité, son commanditaire et les paramètres de ciblage utilisés. Les données sensibles, comme l’origine ethnique, les opinions politiques, les convictions religieuses, les données de santé et l’orientation sexuelle, ne peuvent plus être utilisées à des fins de ciblage publicitaire. La publicité ciblée destinée aux mineurs est entièrement interdite.
  • Interdiction des interfaces manipulatrices, article 25 : les plateformes ne peuvent pas concevoir des interfaces qui vous trompent, vous manipulent ou altèrent de manière importante votre capacité à prendre des décisions libres et éclairées. Cette interdiction couvre notamment les procédures de consentement confuses, les boutons de désabonnement dissimulés et les fenêtres surgissantes coercitives.
  • Protection des mineurs : les plateformes accessibles aux mineurs doivent adopter des mesures protégeant leur bien-être mental et physique, leur vie privée et leur sécurité. Ces mesures comprennent des paramètres de confidentialité protecteurs par défaut et des restrictions concernant les fonctionnalités conçues pour favoriser un usage addictif.

𝐏𝐎𝐔𝐑 𝐋𝐄𝐒 𝐄𝐍𝐓𝐑𝐄𝐏𝐑𝐈𝐒𝐄𝐒

  • Les places de marché en ligne doivent vérifier l’identité des vendeurs selon le principe « Know Your Business Customer » et afficher leurs coordonnées. Cette obligation réduit les risques de fraude et la vente de produits contrefaits.
  • Les plateformes doivent publier des rapports de transparence concernant leurs décisions de modération des contenus, leurs systèmes algorithmiques et leur gestion des risques.
  • Toutes les plateformes doivent rédiger des conditions générales claires, dans un langage simple et compréhensible.

𝐑É𝐒𝐔𝐌É 𝐄𝐗É𝐂𝐔𝐓𝐈𝐅

  1. Vous disposez désormais de droits opposables aux plateformes. Le DSA impose des procédures simples pour signaler les contenus illégaux, exige des explications claires en cas de suppression et prévoit des mécanismes de recours indépendants. Les utilisateurs passent ainsi du statut de consommateurs sans pouvoir à celui de participants disposant de droits protégés par la loi.
  1. Vous exercez davantage de contrôle sur les algorithmes. Les très grandes plateformes et les très grands moteurs de recherche doivent vous permettre de refuser les systèmes de recommandation fondés sur le profilage. Cette obligation met fin à l’époque des fils d’actualité opaques conçus pour maximiser l’engagement.
  1. Les sanctions sont réelles et coûteuses. La Commission européenne peut imposer des amendes allant jusqu’à 6 pour cent du chiffre d’affaires annuel mondial. En décembre 2025, elle a adopté sa première décision pour non-respect du DSA et infligé une amende de 120 millions d’euros à X. Cette décision montre que le DSA n’est pas un tigre de papier.
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À propos de Tamari Tabatadze

Tamari is the founder and author of Behind the Policy. She holds a Bachelor’s degree in Political Science and is completing a Master’s degree in International Politics at KU Leuven. Her work focuses on translating EU laws, regulations, and policy developments into clear explanations of their impact on citizens and society.

Sources et crédits

Sources
  • 1. Regulation (EU) 2022/2065 of the European Parliament and of the Council of 19 October 2022 on a Single Market For Digital Services and amending Directive 2000/31/EC (Digital Services Act)** — Official text published in OJ L 277, 27.10.2022, pp. 1–102.
  • 🔗 [EUR-Lex Full Text](https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2022/2065/oj/eng)
  • 2. EUR-Lex Summary: Digital Services Act** — Official summary of aims, key points, and application dates.
  • 🔗 [EUR-Lex Summary](https://eur-lex.europa.eu/EN/legal-content/summary/digital-services-act.html)
  • 3. European Commission — The Digital Services Act: Ensuring a safe and accountable online environment** — Official policy portal outlining citizen rights, platform obligations, and enforcement framework.
  • 🔗 [digital-strategy.ec.europa.eu](https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/digital-services-act)
  • 4. European Commission — The impact of the Digital Services Act on digital platforms** — Official guidance on minor protection, election integrity, and platform impact.
  • 🔗 [digital-strategy.ec.europa.eu](https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/dsa-impact-platforms)
  • 5. European Commission Press Release: Commission fines X €120 million for breaching the Digital Services Act** (5 December 2025) — First formal non-compliance decision under the DSA.
  • 🔗 https://ec.europa.eu/commission/presscorner/api/files/document/print/en/ip_25_2934/IP_25_2934_EN.pdf
Crédits photos
  • Image generated by AI, edited by Tamari

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